Le scoutisme, de l'invention britannique à l'universalité: Lord Baden-Powell
« Scout un jour, scout toujours ! » Depuis les fondations jusqu’aux assemblages, nous découvrons que le scoutisme fut une aventure passionnante, toujours aussi attirante, mais pas nécessairement un long fleuve tranquille. Aujourd’hui encore, les grandes intuitions de cette pédagogie hors-normes rejoignent la nature profonde des jeunes adolescents, et ce fut le génie du scoutisme catholique à travers ses multiples voies, de comprendre que de « rendre un jeune à sa nature dans la nature, c’est le croire capable de Dieu ».
En effet, la force du scoutisme, d’abord : il a été et demeure très vivace. Ensuite, sa division en associations confessionnelles. Enfin, la place considérable, massive, du catholicisme. Non seulement parce que le puis les mouvements catholiques sont, de loin, les plus nombreux, mais parce que le catholicisme a profondément façonné ces mouvements, bien au-delà des intentions de Baden-Powell. Être un scout catholique, c'est prendre le chemin de la sainteté. Et le prendre par la voie propre du scoutisme, un scoutisme entier, aventureux, qui étonne aujourd’hui les scouts de la plupart des autres pays.
Sur la photo, de gauche à droite: Père Isha Jacques (chef Puma); Père Joa Tshibangu (chef Tilapia), tous salésiens de Don Bosco.Par ailleurs, les particularités du scoutisme catholique ont contribué à consolider la pérennité du mouvement. Baden-Powell a admiré l’ardeur de l’engagement de jeunes. Chez les guides, de nombreux jeunes ont dirigé l’association mondiale.
Tout compte fait, la pédagogie scoute, sa correspondance notamment à ce que le scoutisme appelle les « constantes anthropologiques de l’adolescence » (le jeu, la nature, le système des patrouilles…) est-elle toujours adaptée au monde moderne. Par définition, puisque les « constantes anthropologiques » sont ce qui, dans l’homme et donc dans l’adolescence, est stable indépendamment des influences du monde. Un garçon de 2021 a toujours les mêmes attentes qu’un garçon de 1920 : l’amitié fraternelle, le jeu, la bande, l’admiration de l’aîné, le dépassement (et éventuellement la transgression), la quête d’une image de soi et d’une identité, la liberté. L’intuition de Baden-Powell, comprise en profondeur par les catholiques, c’est ce retour à la nature, non seulement la nature des forêts et des montagnes, mais à la nature du jeune, ce qu’il est en profondeur, dépouillé de tout parasitage. À quoi les catholiques ont ajouté que la nature profonde du jeune est celle d’un être créé par Dieu et pour Dieu : le rendre à sa nature, c’est le croire capable de Dieu, et l’éduquer, c’est faire grandir le Christ en lui.
L’amour du jeune, d’abord. B.-P. avait de la sympathie pour les adolescents en tant qu’adolescents, comme ils étaient, sans le filtre des catégories adultes. Et profondément, la vérité. Une patrouille au fond des bois, c’est vrai, c’est cru : la faim, le jeu, le rêve, le jargon, le courage, la générosité spontanée, l’élan secret de la foi, les fous-rires, tout cela en même temps. C’est dans cette vérité seulement que peut être fondée la vérité supérieure du don de soi. Les apparences élaborées du scoutisme, sa culture atypique et complexe, sont trompeuses : le scoutisme est avant tout une démarche de vérité et d’authenticité. En cela, je le crois plus utile que jamais.
Tiré du récent livre: Toujours prêts. Histoire du scoutisme catholique en France de Yves COMBEAU (Paris, Cerf 2021).

Bonne fête aux scouts du monde!
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