Trente-troisième Dimanche de Temps Ordinaire C

Journée mondiale des pauvres

Malachie 3, 19-20a ; Psaumes 97(98), 5-6, 7-8, 9 ; 2Thessaloniciens 3, 7-12 ; Luc 21, 5-19.

 


Ce dimanche nous présente ce que nous pouvons appeler "rendre compte ", "le jour brûlant comme la fournaise", comme le dit le prophète Malachie. Et alors voici les conséquences : "Prenez garde de ne pas vous laisser égarer !", dit Jésus. A notre époque des fake news, ceci est plus qu’actuel. C’est l’occasion de témoigner, encore une fois, très actuel, à la lumière de la nouvelle évangélisation, parce qu’aujourd’hui nous sommes appelés à prendre position, à être contre chaque "politiquement correct". Et ensuite quelques conséquences qui nous semblent exagérées : "Vous serez détestes de tous !". L’Évangile est un message non commode, mais à la fin laisse une clé : "Avec votre persévérance vous sauverez vos vies ". Et nous savons que Jésus a vaincu le monde, est celle est notre assurance.

La persévérance et la confiance sont les maitres mots des lectures de ce dimanche. La première lecture du livre de Malachie proclame que le soleil de justice se lèvera, il s’agit de la venue du Jour du Seigneur. Dans l’Évangile, Jésus annonce son apocalypse, le temps de la révélation ; c’est un thème qui reprend comme en écho ce que proclamait le prophète. Pour accueillir ce temps nouveau, il nous demandé d’être vigilants et de garder fermement confiance en Dieu : C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la foi.

1. Revenus d’exil, les Juifs espéraient paix et bonheur. Or ils continuent à vivre sous la domination perse. La foi retombe. La religion redevient formaliste. Le prophète Malachie lance alors un vigoureux appel : le peuple doit continuer à se tourner avec confiance vers l’avenir. Le Jour du Seigneur viendra. Il signifiera destruction des impies, salut des justes.

2. L’espérance de la proximité du Jour du Seigneur a provoqué chez les Thessaloniciens une attitude de passivité dangereuse. « Il n’y a plus besoin de travailler ! Il n’y a qu’à attendre la fin ». Paul proteste. Cette conception d’une arrivé quasi-automatique du grand jour n’a rien à voir avec la chrétienne. L’attente du salut final doit au contraire donner ses à l’activité journalière.

Dans cette seconde lecture, saint Paul met l’accent sur thème du travail avec les paroles qui témoignent que l’apôtre et ses collaborateurs ont travaillé pour se maintenir. Nous savons en effet que saint Paul avait un métier : il fabriquait les tentes. Probablement son temps était partagé entre la profession et l’annonce de l’Évangile. Le fait qu’il soit immergé aussi dans le monde du travail contribuait à lui donner un regard plus attentif à la vie des personnes communes. Oui, le travail manuel nous fait adhérer et comprendre la réalité des choses. Saint Paul, rappelle ensuite que le travail est important pour mettre l’ordre dans l’existence : “Qui ne travaille pas ne pas non plus …”. Exercer une profession nous fait sentir utile à quelque chose et à quelqu’un, donne sens à notre vie. Demandons-nous comment vivons-nous le temps du travail : je fais ce que je dois faire ou je me perds dans plusieurs distractions (surtout du téléphone avec son hyper connexion. Savoir gérer son téléphone durant les heures du travail)? Sais-je organiser mon temps du travail soit j’affronte tout dans un mode désorganisé en perdant l’énergie mentale et physique ? Très intéressant ce qu’affirme saint Paul à la fin de la péricope : “A ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus- Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné”. 

3. Jésus est arrivé à Jérusalem, la sainte ville dominée par le Temple, symbole de la présence de Dieu. Le conflit qui germait déjà en Galilée entre lui et ses adversaires atteint son paroxysme. Jésus est conscient qu’il va être rejeté par une communauté définitivement enfermée dans son système religieux. Il voit dans son rejet le signe de l’effondrement de la nation. En annonçant la destruction du Temple, il prédit la fin d’un monde désormais dépassé. Il ouvre à ses disciples des perspectives d’avenir : l’histoire future sera une longue suite de violences dont ils seront les premières victimes, eux qui apportent un message de paix. Qu’ils gardent pourtant confiance : ce sont eux, les vrais vivants. Dans l’Évangile, avec réalisme, Jésus nous met devant la réalité complexe, Il nous présente une contrariété devant le mal et par conséquent, il y a la tentation du désespérer, de se décourager mais à la fin de l’extrait lu aujourd’hui, nous trouvons ces paroles qui nous indiquent la voie : “C’est par votre persévérance vous garderez votre vie”. 

4. L’Évangile de ce dimanche rapporte que certains des disciples de Jésus s’extasient devant le Temple en admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. La reconstruction du Temple a été effectuée sous l’autorité d’Hérode le Grand (à partir de l’an 18 avant notre ère), au moment où Jésus s’y trouve avec ses disciples, l’édifice n’est pas tout à fait terminé, il est neuf et il est splendide, certainement très impressionnant. Qu’admirent-ils en vérité ces quelques disciples ? Sans doute discernent-ils dans l’imposante architecture sacrée, un signe manifeste de la présence de Dieu ou de sa puissance. En réponse à cette admiration à peine retenue, Jésus prononce quelques phrases très surprenantes : Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre ! tout sera détruit. L’enjeu est apparemment très grave. Que signifie cette annonce de destruction ? Jésus reprend des oracles de malheur que les prophètes ont jadis prononcés contre le Temple (l’ancien Temple) ; ces oracles étaient proclamés en réaction au manque de foi du peuple d’Israël et à leur infidélité à l’Alliance. Il suffit de relire la première lecture de Malachie pour avoir une idée de ces oracles. Jésus reprend les paroles des anciens, parce que l’infidélité des pères se répète aujourd’hui : jadis le peuple rejetait l’Alliance, Jésus lui-même est rejeté par ses contemporains.

            Les disciples interrogent alors leur maitre sur ces inquiétantes paroles : Quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? Il faut se préparer …  

5. A quelle date ces événements seront-ils repérables ? La réponse de Jésus à la demande des disciples et à la nôtre, évoque plus la manière que le temps ; en côtoyant Jésus, nous savons bien qu’il nous faut vivre jour après jour, sans nous soucier des multiples contradictions rencontrées : vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, dit Jésus, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. En fait de réponse, Jésus nous met en garde sur les différents dangers que chacun est appelé à rencontrer ou à subir… Le plus grand danger est celui qui porte atteinte à la foi : il s’agit ici des « faux messies ». Aujourd’hui, nous sommes certainement bien placés pour comprendre ce que Jésus veut dire ; la montée des sectes et de nombreux groupes ésotériques, menace la foi de ceux qui cherchent à tout prix quelqu’un qui puisse les rassurer et les guider en période de trouble. Il n’y a pas d’autre Messie que le Seigneur Jésus.

6. Les textes de ce trente-troisième dimanche, l’avant dernier de l’année liturgique C, nous invitent à exercer un réel discernement pour nous-mêmes et pour les autres. Nous n’avons qu’un seul guide. Les faux messies veulent occuper notre conscience … Jésus par contre nous libres et responsables de nos décisions. Le véritable événement ne se trouve donc pas dans la destruction du Temple ou dans les tremblements de terre, les famines, les épines et autres faits terrifiants ; le véritable événement se déroule au fond de nous-mêmes, précisément dans le creux de la conscience que tant de faux guides voudraient annihiler.

            Le Seigneur nous invite aujourd’hui très fortement à nous battre pour la liberté : si le Temple était effectivement détruit, il n’en resterait pas pierre sur pierre, dans le cœur de chacun s’édifiera la nouvelle demeure de Dieu : le Temple de l’Esprit comme dit Saint Paul (1Co 3, 16) : N’oubliez pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?

 

Martin Cléo, SDB 

 

 

 

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